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Fiche technique Pistachier

Dormance et besoin en froid

Parmi les 11 espèces que compte le pistachier, une seule (Pistacia vera) donne des fruits comestibles. C’est un arbre à feuillage caduque qui nécessite une dormance profonde pour sa fructification. La caractérisation de sa dormance, effectuée par le test de bouture de nœud, a montré que celle ci s’estompe rapidement en fin février pour s’annuler en mars. Les capacités de débourrement deviennent importantes à partir du mi-février pour les génotypes les moins exigeants et en début de mois de mars pour les autres. L’acquisition des faibles capacités de croissance dès le mois de septembre semble être favorisé par le stress hydrique du sol et l’inertie de débourrement se renforce avec l’arrivée des premières heures de froid automnal. Les doses de froid reçues, en condition naturelles, se situent autour de 500 heures de températures inférieures à 7.2 °C (HF) pour les variétés femelles et 450 heures pour les géno-types mâles appartenant à l’espèce Pistacia vera. Pour le mâle Atlantica qui appartient à l’espèce P. Atlantica, 200 HF ont été suffisantes pour lever la dormance de ses bourgeons floraux. Ce dernier semble avoir des exigences moindres par rapport à l’espèce P. vera, ce qui est à l’origine

Fragilité de l’espèce lors de la transplantation

La transplantation s’est effectuée à racines nues et le plant du pistachier est fréquemment livré à lui-même après cette opération. Des taux de mortalité élevés (>50% dans plusieurs cas) ont été obtenus. Le taux le plus élevé est enregistré dans les vergers ayant subi un retard dans la transplantation. Le manque d’irrigation après la mise en place a amplifié ce problème. Cette espèce doit être multipliée sur place (semis et greffage dans le verger) pour éviter ces échecs, sinon la multiplication en sachet devient indispensable

Eléments de conduite de la culture

- Choix des zones de culture

Le pistachier préfère les régions à climat aride avec des disponibilités en froid supérieures à 500 heures de températures inférieures à 7.2°C. Les sols de types limono-sablonneux lui conviennent parfaitement. Cette espèce peut être conduite en vergers commerciaux avec des irrigations à l’eau qui peut même être salée (4 à 6 g/l de NaCl). Des irrigations à la raie peuvent favoriser le développement du Phytophtora à laquelle l’espèce est plus sensible. Selon l’expérience Iranienne (grand producteur de pistaches), des irrigations localisées avec des volumes d’eau de 2500 m3 /ha/an suffisent à assurer une bonne production.

- Densités de plantation

Le verger peut être conduit avec des densités de 400 à 500 arbres/ha, si l’eau l’irrigation est douce. En présence de sel, une intensification peut être envisagée avec des écartements plus réduits (7 x 3 m à 6 x 3 m). La densité de plantation doit tenir compte des hauteurs pluviométriques si la culture est à envisager en bour.

- Travail du sol et fertilisation

Le sol doit être maintenu propre par deux passages de travail du sol annuellement pour enfouir les mauvaises herbes. Ils sont complétés par un travail à la sape sous frondaison. Les quantités d’éléments fertilisants apportés dépendent des analyses du sol. Des normes iraniennes situent les teneurs à des niveaux de : - Azote : 2.5 ppm dans les feuilles ? - Phosphore : 15 ppm dans le sol - Potasse : 250 ppm dans le sol Les quantités moyennes apportées tous les 3 années sont de : - 2 Qx d’azote à 32% - 4 Qx de phosphore à 46% - 5 Qx de potasse à 50% Elles sont localisées après la première mise à fruit dans une tranchée d’une profondeur de 1 m et à 1 m du tronc. Une quantité de 40 tonnes/ha de matière organique est aussi enfouie avec ces engrais chimiques.

Rendement et qualité de production

Le rendement moyen obtenu sur une période 20 années, en conditions pluviales dans des régions Marocaine à une pluviométrie de 400 mm , est de 6.5 kg de fruits sec/arbre. Ces rendements sont caractérisés par une alternance de production très marquée due à la chute des bourgeons floraux en année de forte production. La chute débute lorsque la croissance végétative est arrêtée, soit 2 mois après la date moyenne de floraison (15 juin). Le maximum de chute est enregistré 100 à 130 jours après la date moyenne de floraison. La chute est intense lorsque la croissance en diamètre du fruit est arrêtée. En condition d’irrigation, les rendements attendus peuvent être plus importants avec un taux de déhiscence plus élevé. La pistache est un fruit sec dont l’endocarpe dur peut être déhiscent ou non. Le caractère de déhiscence est spécifique à l’espèce Pistacia vera (la seule espèce cultivée) et dépend de plusieurs facteurs dont la variété, l’année, le porte-greffe, la nature du pollen et les conditions de culture. Ces facteurs semblent agir en corrélation et l’évaluation de la part de chacun n’est pas aisée. La production de fruits vides, commune à toutes les espèces et cultivars du pistachier, nuit à la qualité de la production. Elle est le résultat de la parthénocarpie et de l’avortement des embryons. C’est un caractère variétal et une défaillance au niveau de la pollinisation augmente les taux de fruits vides.

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